Voici une histoire qui mérite d’être racontée aux enfants, autour du feu, dans une cabane et pendant la pleine lune au lieu de leur bourrer le crâne avec des trucs qu’ils ne comprendront sûrement pas.

A défaut de rides et de barbes, je ne me le joue pas « le père voilà pourquoi », mais l’histoire est truffée d’abnégation, de persévérance et de passion.

A une époque pas si lointaine que cela, en 1974, dans les laboratoires de recherche, dans les universités, les logiciels circulaient librement comme des idées.

À cette époque là, les équipes de programmeurs et de chercheurs développaient des logiciels et les diffusaient à d’autres équipes et partout où le besoin se faisait sentir. Modifier un logiciel à cette époque était banal.

Cette pratique est aujourd’hui d’actualité si bien que, lorsqu’un éminent chercheur fait une démonstration d’un théorème assez complexe, il diffuse les résultats de ses travaux dans des ouvrages, histoire d’aider tout le monde et surtout faire avancer la science.

Mais hélas, notre chère informatique n’as pas suivi le même chemin. L’intérêt égoïste des grandes entreprises de l’époque voyant un avenir certain, avec la fabrication des ordinateurs, l’automatisation de certaines tâches comme la comptabilité, ont commencé à protéger les programmes informatiques comme des secrets d’industriels.

Une fois arrivée dans le monde des affaires, l’informatique est devenue très rapidement beaucoup moins libre, on s’est mis à faire de la « sorcellerie » autour de la chose (licence, droit d’auteur, limitation des droits, interdiction de copier un logiciel etc…)

GNU : Le soulèvement

Nous sommes en 1979, dans les laboratoires du MIT, c’est là que travaillait un brillant chercheur du doux nom de Richard Matthew Stallman, ce dernier fut débité par une affaire de restriction sur le code source d’une imprimante que son labo venait de faire acquisition.

Richard Matthew Stallman pris alors conscience à quel point la logique propriétaire qui consiste à ne pas diffuser les sources d’une application est contraignante.

L’imprimante en question n’a jamais pu fonctionner et cela est resté au travers de la gorge de Stallman.

Mais l’homme est orgueilleux, il décide de se lancer dans un projet complètement fou, celui du développement d’un système d’exploitation (Operating System)  de type UNIX totalement libre complet : GNU pour GNU’s Not Unix.

La flamme est allumée, l’objectif du GNU est de contrer le développement croissant des logiciels propriétaires.

Un vrai mordu du travail, Stallman écrit le GNU manifesto dans lequel il décrit les quatre libertés fondamentales que doit respecter un logiciel pour être qualifier de logiciel libre (free software), voici son manifesto:

liberté 0 : Liberté d’exécuter le programmes pour tous les usages

liberté 1 : Liberté d’étudier le fonctionnement du programme

liberté 2 : Liberté de redistribuer les copies, donc d’aider son prochain

Liberté 3 : Liberté d’amélioré le programmes, de publier les améliorations pour en faire bénéficier toute la communauté.

Du manifesto de Richard M Stallman découlera plusieurs licences dont le plus célèbre est la licence GPL (General Public Licence) dont la première version sera publiée en 1989.

Stallman sait que son projet prend de la dimension et que sans fonds, ni cadre juridique pour ses licences ça risque de capoter, alors il met en place une association baptisée FSF (Free Software Foundation) la foundation du logiciel libre.

Les fondamentaux éthiques, juridiques et politiques du monde libre sont en marche, mais le coeur du système GNU est très fragile, trop fragile même. En effet le développement du projet HURD (Hird of Unix Replacing Daemons) cencé donner un coeur à GNU était quelque peu chaotique, il fallait des phases théoriques importantes et ensuite des phases d’implémentations complexes et c’est là que l’intervention de Linus Torvald sera salutaire…

Linux : Un dur noyau

Pendant que le HURD poussait des cris et que les programmeurs étaient à bout de souffle lol, Linus Torvalds est sur la fac, le système d’exploitation MINIX fait rage dans les labos de TP, mais le petit Torvalds caresse dans son esprit des idées d’entreprendre l’écriture d’un système d’exploitation de type UNIX basé sur MINIX, un clone gratuit quoi.

A cette époque là, mais, récente cette fois-ci (1991), l’internet faisait son apparition dans la vie des gens, donc un boom, Linus Torvalds passe le clair de son temps à s’amuser et à apprendre les instructions Intel 386 dans sa chambre et finit par développer un noyau en s’inspirant des principes du système UNIX, il sait que son noyau fonctionne et le met immédiatement en libre téléchargement sur le net et demande aux gens de l’essayer et de lui dire ce qui marche pas chez eux.

De nombreuses personnes se montrent alors intéresser et l’aide à peaufiner son noyau.

La décision fut prise alors de mettre le Projet GNU sur le noyau Linux d’où l’écriture GNU/Linux.

Mais mettons les choses au claire, il faut dire GNU/Linux et non Linux, c’est un abus de langage et c’est pour faire plus court aussi qu’on désigne la distribution GNU/Linux par Linux

le slash(/) veut dire « sur » donc GNU (programme) sur Linux (noyau).

Linux est la couche de base du système, c’est lui qui gère la mémoire, l’accès aux périphériques, la circulation des données dans le bus, les droits d’accès, les multiples processus qui correspondent au multiple tâches que votre ordi doit exécuter en même temps.

Par contre, le noyau ne gère pas l’affichage, les mails, les pages web etc, ce sont les programmes ou applications qui s’en chargent.

Ces programmes viennent se greffer au noyau et ils doivent être adaptés à celui-ci.

Parler de GNU/Linux c’est comme laver la patte d’un singe, elle ne sera jamais claire, donc on en finira pas.

Retenez que tout comme GNU, Linux appartient au monde libre, il est stable fiable et sécurisé ce qui garantit une correction rapide des erreurs qui pourraient être découverte.

Retenez aussi que Linux ne se suffit à lui même, il vient à l’intérieur d’une distribution.

Voilà, c’est ici que l’histoire s’achève, le succès de GNU/Linux ne doit pas surprendre, par la qualité technique du noyau, par la présence de nombreux distributions facilitant l’installation du système et des programmes mais surtout de par son appartenance au monde du libre qui lui offre une grande rapidité et qualité de développement.

Ne reculez pas, ne vous dites pas que GNU/Linux est compliqué, approchez-vous des groupes, des clubs, des fablab et des communautés Linux de votre environnement.

C’est quand ya problème qu’on voit l’importance de cette communauté, toujours réactive, prête à aider, à partager et c’est la seule façon de véritablement progresser.